Yarol Poupaud

Yarol ! Voodoo minou.

Vous vous doutez que j’habite depuis longtemps dans le film “Jean Philippe”, ce monde où Johnny Hallyday n’existe pas. Ce n’est pas par snobisme, juste par ignorance, j’ai été très occupée à autre chose… Alors, quand j’ai lu dans la presse : L’ancien guitariste de Johnny, Yarol poupaud, se lance en solo, j’ai bondi, ce raccourci d’une carrière de 30 ans m’a fait frémir.

On en est là en France, le reggae n’existe pas, le rock c’est Johnny,  le rap, c’est Booba, la chanson, ce sont d’éternels débutants de cinquante ans et si l’on s’excite sur de jeunes artistes, c’est qu’ils reprennent des tubes des 80’s au synthé, en se roulant des pelles dans la presse people. Ça m’énerve, parce que, voyez vous, Yarol, pour moi, c’est l’idole des jeunes de ma génération, un musicien que j’ai toujours connu sur scène, d’abord un guitariste funk avant d’être un rocker, écoutez moi cette reprise de Gainsbourg en 1991, avec FFF.

Et oui ! Il a été élevé au groove, Yarol, sa guitare est teintée du blues et du funk afro américain, il n’est pas complètement blanc, ce garçon, d’ailleurs, son nouvel album s’ouvre avec un featuring de Jupiter Bokondji, né à Kinshasa et leader de l’excellent groupe Jupiter & Okwess. La rythmique est africaine sur un texte francisé par Benjamin Biolay qui comme chacun sait, a la libido moite …

Il faut comprendre que le rock de la génération X est métissé depuis toujours, des Fishbone aux Red Hot, la black rock coalition, vénérait la basse tout autant que la guitare. Un son en filigrane dans la carrière de Yarol Poupaud, de FFF à Mud avec son frère bassiste et comédien, Melvil. Sur ce nouveau disque, on retrouve ces références au funk, au blues, à la chatte noire, le groupe précédent de Yarol, Black minou et ses amours voodoo, dont l’ombre des chansons planent sur l’album, avec notamment ce Boogie with You, qui sonnait blues rock dans Black Minou :

Et qui devient punk new wave sur le nouveau disque.

Alors, ne vous offusquez pas, ce n’est pas du recyclage, c’est normal pour un premier album de puiser dans les souvenirs, le premier disque marqué de son nom : c’est le résumé de toute une vie, avec les copains, la famille, une vie funky, rock’n’roll. Une première jeunesse d’instrumentiste, guitare, basse, batterie, et une deuxième de chanteur, pour un Yarol qui ne vieillit jamais, garde son cheveu d’adolescent sur la langue, sa tignasse sur la tête et une souplesse des hanches qui ne s’épuise pas.

1 Commentaire

  1. Bonne chronique. j’apprécie énormément votre site

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