Cerveau Alexandre Desplat Silence

Alexandre Desplat, compositeur du non-dit.

Oui, alors bon, si j’ai choisi la bande originale du film “Godzilla”, pour parler d’Alexandre Desplat, c’est parce que… face à lui, on se sent tout petit.

Ce matin, en écrivant ma chronique j’étais tellement impressionnée par son travail que j’ai appelé André Manoukian à la rescousse ! Dédé qui m’a expliqué : « Tu vois Mélanie, Alexandre Desplat, c’est le contrepoint au cinéma. Les réalisateurs américains ont besoin d’artistes comme lui, car, chez eux, les compositeurs, collent à l’image, ils font de la texture de son, alors qu’Alexandre, lui, il ajoute de la profondeur à l’image avec sa musique sans en altérer le récit, mais tout en gardant de la mélodie. C’est l’école européenne, une école très différente de celle des américains. »

Bon, après il m’a parlé de Mozart qui à la fin de sa vie, découvre Bach et qui essaie tant bien que mal d’écrire des fugues « à la Bach », et d’Alexandre Desplat qui serait pour Dédé, le Mozart qui aurait réussit à écrire ces fameuses fugues de Bach.

Bon, Je ne peux pas valider cette théorie, je n’ai pas le bagage nécessaire.

Ce que je sais c’est que son travail est gigantesque ! Une grande diversité de compositions et d’ambiances, allant du jazz au classique, il est partout, la pub, la mode, les jeux vidéo, la télé, le cinéma, sa musique est évidemment présente durant les films, mais aussi avant les films, car cette petite musique là, c’est aussi lui…

Alors. Ce qui me rassure dans le langage universel de la musique, c’est que même à son niveau, il s’interroge encore et plus que jamais sur la création. Avec sa femme, la musicienne et metteuse en scène Solrey, il s’inspire de la nouvelle SILENCE de Yasunari Kawabata, pour explorer ce questionnement, dans ce premier opéra de chambre. Il parle de ce spectacle comme de l’essence, à la fois de leurs vies personnelles et professionnelles, ici, la création est symbolisée par le fantôme, elle est ce mystère surnaturel, qui va au delà de ce que l’on perçoit des sens, une transmission, une communication autre.

En silence • Teaser from Théâtre des Bouffes du Nord on Vimeo.

L’histoire de cet opéra de chambre, c’est, je cite la présentation : » Un jeune écrivain rend visite à son maître, victime d’un accident vasculaire cérébral, il ne peut plus ni parler ni écrire, ni faire le moindre geste. Un tel silence engage des conversations sans réponse, génératrices de pensées pour le patient fantôme. »

Voilà, c’est ça, le langage de la musique, du silence, naît la mélodie.

On pense au Concerto pour main gauche en ré majeur de Maurice Ravel, par exemple, un concerto composé pour le pianiste autrichien Paul Wittgenstein, qui continuait à jouer du piano malgré la perte de son bras droit à la guerre, mais on pourrait aussi penser à la contrainte de son travail de compositeur pour le cinéma, où il s’agit d’apporter une lecture intuitive et sensible au récit qui lui est imposé.

Enfin, je terminerais par dernier clin d’oeil, à sa musique, pour que le public vous découvre sous un angle plus léger, celui d’avant les Oscars et les médailles, Ca va, une chanson qu’il a réalisé en 2002 avec Karl Zero ….

Création mondiale le mardi 26 février 2019 au Grand Théâtre, Luxembourg.
2 & 3 MARS 2019 au Théâtre des Bouffes du Nord, Paris

Chronique sur France Inter à écouter , ici :

https://www.franceinter.fr/emissions/la-chronique-de-melanie-bauer/la-chronique-de-melanie-bauer-07-fevrier-2019

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