Gontard sur Misère

Gontard : naturalisme d’anticipation.

Mais où donc est passée la chanson à texte, le discours militant, la conscience du chanteur miroir de sa génération ? C’est une question que l’on me pose souvent, où sont les artistes engagés ? Et bien, ils sont cachés, il faut faire un petit effort pour les trouver… Ce fut fait sur France Inter, il y a quelques mois dans Foule Sentimentale, Didier Varrod recevait Gontard,pour son deuxième album “Tout nait/tout s’achève dans un disque”, du rock/ rap, parlé, tendu comme un baba face à Charline Vanhoenacker, agressif parfois, désespéré souvent. Mais à la différence des grosses têtes des média,  il est créatif Gontard, il écrit beaucoup, vite et bien.

Gontard-portrait-benzine
Gontard portrait pour benzine

Le revoilà donc, déjà avec un troisième disque, le 26 avril, qu’il définit dans le journal L’Humanité ( charmé par ses portraits de prolétaires ) comme «  du journalisme pop, le réel dans la musique ».

La musique du réel, raconte l’histoire d’une petite ville de 33 000 habitants, Gontard-sur-Misère, avec son maire ultra-droite, son Dauphiné Libéral, ses amours tristes et ses notables, vue par le prisme de son chanteur loser de 40 ans, également documentaliste dans un lycée professionnel, Gontard, cent fois découvert, mille fois oublié. 2029, c’est le titre de ce nouvel album. Oui,  parce que dans dix ans rien n’aura changé à Gontard sur Misère… Alors ici, on n’a pas de grandes idées pour arranger les choses, on ne fait pas de statistiques, de probabilités, non, on raconte les gens : les galoches avec des lèvres sèches, les petits profits qui mènent aux grands drames, la mesquinerie de la lutte des classes à petite échelle, l’hôpital qui tue et le chômage, Gontard , c’est le naturalisme du slam, la chanson moderne des invisibles.


Bon, alors, évidemment, ce n’est pas joyeux, joyeux, on est bien loin des nuits parisiennes chères à nos hommes politiques, champagne et boum boum électronique, ici, on danse dans des Foires à la con en buvant du tord boyaux, on aime le rap américain et les guitares, la précision du texte et on ne cherche pas à plaire. D’ailleurs, on ne plaît pas et on s’en fout parce que l’important ce n’est pas de vendre, c’est d’exister.

Gontard 2029, co-production entre les labels « Ici, d’ailleurs » et « Petrol Chips » sortie le 26 avril, et aussi : 

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